Mardi 21 mai 2013

Inscription Identification

Santé : Actus | La vue de 0 à 100 ans | Les troubles de la vue | La protection solaire | Les pathologies | La fatigue visuelle | La conduite | Qui fait quoi ?

La conduite

La vue et la conduite automobile

90 % des informations nécessaires à la conduite passent par la vue : un constat qui signale l’importance fondamentale de bien voir pour conduire et donc de faire régulièrement contrôler sa vue.

Bon à savoir
Si les pouvoirs publics ont permis, grâce à des mesures drastiques, de sensibiliser les automobilistes aux dangers de la vitesse et de l'alcool au volant, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour faire entendre qu'une bonne vision est également un gage de sécurité sur la route. Pour preuve, sur les 40 millions de titulaires du permis en France, 8 millions (soit un automobiliste sur cinq) présentent un défaut visuel non ou mal corrigé.
Parmi eux, 1 million de conducteurs circulent avec une vue inférieure aux 5/10 requis par le code de la route pour l'obtention du permis. Des contrôles réguliers de la vue par un spécialiste permettraient ainsi de corriger un grand nombre d'amétropes qui s'ignorent. Mais, au-delà des corrections strictement visuelles, la vue au volant pose des problématiques qui dépassent largement le “cadre” de l'œil - notamment l'impact sur la vision de la fatigue, de la prise de médicaments ou de drogues, d'autres pathologies… - et en appelle à la responsabilité de chacun.
Selon le code de la route, le permis de conduire (pour véhicules légers) ne peut être obtenu ni conservé, malgré le port de verres correcteurs, si :
- l'acuité, en utilisant les deux yeux ensemble, est inférieure à 5/10 à l'épreuve d'acuité binoculaire.
- l'acuité visuelle de l'un des deux yeux est nulle ou inférieure à 1/10 et si celle de l'autre œil est inférieure à 6/10.
Important : pour les porteurs de lentilles, il est toujours préférable de conserver une paire de lunette dans la boîte à gants du véhicule.

Les fonctions visuelles essentielles

Bien voir est un phénomène très complexe qui fait appel à plusieurs fonctions de l'œil. Toutes sont nécessaires pour une bonne appréhension de la route et de ses dangers.
La vision latérale ou périphérique : elle permet de regarder droit devant soi tout en surveillant ce qui se passe sur les côtés. Sur la route, la notion de vitesse, par exemple, est uniquement perçue par les images qui défilent de chaque côté de l'œil. Une bonne vision périphérique doit permettre de déceler tous les mouvements dans un angle d'environ 180 degrés, sachant que le champ visuel réduit considérablement avec la vitesse.
La vision binoculaire : elle se traduit par une perception unique des images que reçoit chacun des deux yeux. Sur la route, elle donne le sens de la profondeur et du relief.
La vision de loin : sur la route, les distances de sécurité permettent de compenser le temps nécessaire entre la perception visuelle et la réaction qui en découle. L'anticipation est liée à une bonne visibilité au loin et permet d'avoir une réaction rapide et instantanée.
La vision de près : sur la route, la vision de près, si elle n'est pas aussi capitale que la vision de loin, est néanmoins essentielle pour la lecture des informations du tableau de bord ou d'une carte routière.

Au volant, la vue c’est la vie®
Ce slogan aujourd'hui connu de tous a été lancé par l'Association nationale pour l'amélioration de la vue (Asnav) qui, depuis 1954, travaille pour donner à chacun le droit de bien voir.
Les défauts de vision peuvent avoir des conséquences sur la conduite automobile et l'Asnav multiplie, en partenariat avec la Sécurité routière et la Prévention routière notamment, les actions d'information et de dépistage afin de sensibiliser les conducteurs aux dangers d'une mauvaise acuité visuelle. Pour plus d'informations sur les actions de l'Asnav : www.asnav.org

La nuit, tous les chats sont gris

Lorsque la nuit tombe, l'acuité visuelle, la vision des contrastes et des couleurs baissent, l'appréciation du relief est perturbée. Même si le conducteur, grâce à ses phares ou aux éclairages des routes, n'est pas en situation de vision nocturne, il subit une altération plus ou moins légère de sa vision et augmente par conséquent les facteurs de risque. Au-delà du champ visuel réduit, l'œil doit s'adapter aux changements d'éclairage.
Le danger vient particulièrement de l'éblouissement provoqué par les phares des autres véhicules car l'œil met un peu de temps à récupérer ses fonctions visuelles ; il est donc, durant quelques fractions de seconde, en situation d'aveuglement. A noter : la résistance à l'éblouissement diminue avec l'âge. La fatigue oculaire se développe également beaucoup plus rapidement la nuit car les yeux sont particulièrement sollicités, tout comme dans les situations de brouillard ou de pluie.

Gare au soleil
La notion d'éblouissement est également valable en situation de fort ensoleillement, directement face au soleil ou par réverbération des rayons solaires sur la route. Le passage d'une zone très éclairée à une zone sombre, comme un tunnel, nécessite une adaptation de l'œil qui, pendant quelques instants, perd toutes ses facultés. Là encore, le temps de récupération augmente avec l'âge. Le port de lunettes de soleil est donc la réponse appropriée. Attention : les lunettes de catégorie 4 sont en revanche proscrites pour la conduite automobile en raison de leur teinte trop foncée qui nuit à la visibilité.

Contrôler régulièrement sa vue
Au-delà des consignes élémentaires de sécurité optimisant la visibilité (nettoyage des pare-brise, vitres, rétroviseurs, phares…), il convient d'effectuer des contrôles réguliers de sa vue – et de la faire corriger si besoin – car celle-ci évolue tout au long de la vie.
Myopie, hypermétropie ou astigmatisme : quelle que soit l'amétropie, toutes ont une incidence sur la perception des images et, donc, sur les fonctionnalités indispensables à une bonne vision sur route.
A partir de quarante ans, les premiers signes de la presbytie peuvent apparaître, ce qui se traduit par une difficulté à accommoder de près.
Vers la soixantaine, certaines pathologies liées au vieillissement (du type DMLA) peuvent se développer et entraîner une baisse de l'acuité visuelle, voire une malvoyance. Les personnes à la retraite ne bénéficient plus des examens pratiqués par la médecine du travail pour déceler d'éventuelles anomalies oculaires.

Conduire, un acte responsable
La vue est le sens le plus sollicité pour la conduite automobile. Or, la notion de “bien voir pour conduire” fait appel à un processus complexe qui dépasse largement les fonctionnalités de l'œil. Si toutes les amétropies ont été corrigées, la vision peut cependant être altérée par d'autres facteurs extérieurs non dénués de conséquences sur la vue au volant. Il ne faut pas oublier que ce qui affecte la santé peut affecter par la même occasion la vision. La fatigue, par exemple, ou bien la prise de médicaments agissent entre autres sur le système oculaire en réduisant la sensibilité lumineuse et la sensibilité aux contrastes. Les tranquillisants, sédatifs, somnifères, certains anti-inflammatoires anodins ou encore des produits livrés sans ordonnance peuvent provoquer des altérations de la vision plus ou moins importantes. La consommation d'alcool ou de drogues, qui plus est associée à celle de médicaments, est en toute logique à proscrire.
Certaines personnes atteintes de pathologies de l'œil (plus de 400000 personnes en France ont un glaucome mais l'ignorent et ne sont donc pas soignées), mais également de pathologies plus générales comme le diabète, dont la rétinopathie est ignorée par exemple, ont également une mauvaise vision et augmentent considérablement les facteurs de risques sur la route.
Enfin, la vue au volant soulève les questions de responsabilité du conducteur. L'acte de conduire relève du comportement et fait appel aux libertés individuelles de chacun : la sensation subjective d'aptitude à la conduite ou encore le sentiment d'invincibilité de certains conducteurs, jeunes ou moins jeunes, rendent difficile la juste appréciation d'une personne apte ou non à prendre le volant. Les débats récents sur le contrôle obligatoire de la vue des conducteurs sont au cœur de ces problématiques.

Cette page a été réalisée avec le concours de l'Association nationale pour l'amélioration de la vue. www.asnav.org

Partager :

Get the Flash Player to see this player.